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Vous connaissez Val-des-Cîmes ?

  • 24 mars
  • 2 min de lecture
photo non contractuelle
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Val-des-Cîmes est une station de ski qui tourne fort. Les hôtels rivalisent de discrétion et de luxe pour une clientèle internationale haut de gamme ; les restaurants d’altitude proposent des menus à plus de 400 euros.

L’école de ski est toujours pleine. Les clients réservent des moniteurs « à l’engagement », c’est-à-dire pour la journée — près de 1 000 euros, sans le repas, pris dans un restaurant d’altitude onéreux. Le pourboire peut parfois prendre la forme d’une montre de marque.

Jean-Rémi Bonnard est élu maire une première fois il y a 6 ans.

Le mandat se passe comme il avait promis ; "prospérité", "argent", "prospérité", "argent"...

La station prospère. Les saisons s’enchaînent, les établissements haut de gamme affichent complet. L'héliport cartonne.

Du côté de la mairie, tout donne l’impression que tout va bien.

« De toute façon, ça tourne tout seul », entend-on.

« Dès que les premiers flocons tombent, on appelle les télévisions et les journaux du monde entier, et les “richards” rappliquent en hélico… »

Il y eut pourtant des remous durant le mandat. Des contrôles, des enquêtes administratives, des perquisitions touchant la mairie, des auditions, des plaintes, des signalements auprès du procureur.

Et puis vient l’élection suivante.

Jean-Rémi Bonnard promet de nouveau "argent et prospérité" malgré une clientèle internationale caothique du fait des conflits Ukraine-Russie et nouvellement dans le Golfe, malgré les contraintes du dérèglement climatique - un non-sujet pour lui -.

Il peut compter sur ses soutiens financiers privés "secrets".

Des propriétaires d’établissements comptent sur lui pour agrandir sans toujours respecter les règles, pour faire passer des permis de construire peu conformes, pour céder des terrains hors de prix aux amis des amis, pour modifier le PLU afin de régulariser des constructions construites en zone naturelle. L'idée est de valoriser un max leur "business" pour un jour revendre un max.

Tout le monde sait. Mais tout le monde se tait.

Face à lui, une opposition structurée existe. Mais qui voudrait voter pour des candidats éthiques et honnêtes, qui promettent une gestion rigoureuse, quand le système pourtant "mafieux" en place, lui, fonctionne ? La machine économique tourne trop bien pour susciter une contestation forte. Et puis, au fond, beaucoup s’habituent à cette manière de faire.

Le jour du vote, tout se passe simplement.

Jean-Rémi Bonnard est réélu.

Sans surprise.

Le soir même, là-haut, dans l’un de ces restaurants chics, Jean-Rémi Bonnard et ses amis célèbrent la continuité.

Et Val-des-Cîmes continuera de fonctionner comme avant : une station haut de gamme à l’économie prospère mais de plus en plus fragile du fait du dérèglement climatique et des conflits, où le pouvoir local ressemble à une organisation mafieuse qui ne se remet jamais en cause.

Bien entendu, cette histoire est une pure fiction. Toute ressemblance avec des lieux, des personnes ou des situations réelles ne serait que pure coïncidence

* la photo est non contractuelle

 
 
 

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