En apprendre plus...

Plan Montagne II - Le Grand Bornand, le 16 septembre 2021 - questions / analyses




Discours de Gilles Chabert :


"Le grand Bornand entre tout à fait dans ce qui va être annoncé tout à l'heure c'est la diversification. Pourquoi ? parce que le Grand Bornand c'est avant tout un village agricole ou on comptait autant de vaches que d'habitants, et puis ils se sont diversifiés, en faisant du ski, le ski alpin et le ski de fond."

Pour Gilles Chabert, est ce que le ski est une diversification ? Alors que le Gouvernement annonce plutôt de diversifier le ski avec d'autres activités...

"Malheureusement aujourd'hui le ski est devenu presque un gros mot J'ai l'impression que c'est redevenu un gros mot et au Gouvernement aussi car le gouvernement a dit il faut diversifier. Mais il (le Gouvernement) ne parle plus de la neige, pour lui on a l’impression que pour lui la neige fait partie d’un temps ancien, que certains vieux comme moi on bien connu la chose et que maintenant il faut penser a autre chose… On se demande même si au niveau de gouvernement..."


Pour Gilles Chabert, cela veut-il dire que le plan montagne 2 présenté ne suivra pas le plan Avenir Montagnes prévu et présenté par le 1er Ministre Jean Castex ? Discours du 1er Ministre "Mais les territoires de montagne, vous le savez, sont aussi travaillés par des mutations plus amples, qui sont aujourd'hui liées avant tout au changement climatique, qui concerne au premier chef les territoires de montagne, au regard de ses nombreuses conséquences en termes d'enneigement, de fonte des glaciers, mais aussi d'érosion de la biodiversité." et, "Il est essentiel que les territoires de montagne favorisent la diversification de leur offre touristique, pour proposer un tourisme "deux ou quatre saisons". C'est d'ailleurs particulièrement vrai pour les territoires de moyenne montagne, qui subissent de plein fouet les impacts du réchauffement climatique. Du reste, la belle réussite de la saison estivale de l'an dernier constitue un signal encourageant pour le développement de ce modèle multi-activités." --> Discours du 1er Ministre du 27 mai 2021 dans sa globalité : ICI

"Ce qui me gène c’est qu'aujourd'hui, je reviens à cette diversification et ce que j'ai peur c'est que cette diversification entraine la désertification."


Ne vit-on pas plutôt une désertification actuellement due à la hausse du prix foncier et donc des prix de vente dans tous les territoires de montagne ?


"La part que Laurent réserve a la neige de culture, aux réserves collinaires dans ce nouveau plan, on peut vous dire une chose on ne vous laissera pas tomber dans cette stratégie qui est la notre depuis un bon nombre d’année"


rapport du GIEC page 122 "Le tourisme, de même que les entreprises et les sociétés qui vivent des loisirs (les sports d'hiver et le ski en particulier), subiront aussi les effets de cette diminution de la couverture neigeuse. Selon des prévisions concernant la province de l'Ontario, au Canada, il pourrait en coûter 50 millions de dollars par an aux professionnels de la neige."



Discours de Laurent Wauquiez :


"La crise nous a appris, si la montagne va mal, c’est toute la région AURA et toute la France qui va mal. Il ne l’avait pas compris au gouvernement."


C'est pourquoi l'activité "tout ski" doit trouver une diversification rapidement


"Maintenant ce qu'il faut c’est qu'on avance à nouveau en étant capables de tenir notre trace, pas se laisser dicter ce qu’on doit faire"


Est ce encore de la désobéissance au plan Avenir Montagne présenté par Jean Castex ?

"ce plan est un plan pour le ski, c’est un plan pour la neige c’est un plan pour le tourisme d’hiver. Et tant que je serai président de notre région et tant qu’on sera tous ensemble ca ne sera jamais un gros mot, le ski est une fierté la neige est une fierté."

Est-ce un déni face aux conséquences du bouleversement climatique en cours ? rapport du GIEC page 97, point 28 --> "Le recul des glaciers aura des répercussions sensibles sur les ressources en eau, à 1 "échelon local et régional, et, partant, sur les approvisionnements en eau et sur la capacité de production d'énergie hydroélectrique". rapport du GIEC page 108, point 3.0.11 - "Modification des écosystèmes - Les changements climatiques consécutifs à l'effet de serre altéreront profondément les relations hydrologiques au sein des écosystèmes terrestres, à la fois directement en modifiant les apports d'eau - précipitations, écoulement, ruissellement, humidité du sol, couverture neigeuse et fonte, évapotranspiration - et indirectement en faisant varier le niveau des mers et des lacs, ce qui pourrait influencer les niveaux d'eau dans les écosystèmes côtiers et littoraux"


rapport du GIEC page 109, point 4 - "Incidences potentielles de l'évolution du climat sur l'hydrologie et les ressources en eau - dans les régions où la part des chutes de neige et du ruissellement nival saisonniers dans l'alimentation globale en eau est majoritaire, la distribution mensuelle de l'écoulement et de l'humidité du sol est plus sensible aux écarts de température qu'aux modifications pluviométriques" rapport du GIEC page 121, point 7 - "Le recul des glaciers aura des répercussions sensibles sur les ressources en eau, à l'échelon tant local que régional, et, partant, sur les approvisionnements et sur la production hydroélectrique potentielle. Les glaciers fondront plus rapidement, ce qui, dans un premier temps, pourrait augmenter les eaux de fonte; par la suite, cependant, l'écoulement nival diminuera progressivement au fur et à mesure que le volume des glaciers se contractera, et finira par se tarir."

rapport du GIEC page 122, point 7.0.7 "La diminution de la superficie enneigée et de la persistance du manteau neigeux déclenchera des rétroactions climatiques positives, à savoir que le réchauffement global s'amplifiera, une surface exempte de neige ayant un plus grand pouvoir d'absorption du rayonnement solaire qu'une surface enneigée" rapport du GIEC page 122, point 7.0.9 - "Les régions les plus vulnérables seront celles où l'écoulement printanier et estival sont essentiellement tributaires de la fonte des neiges, par exemple les Alpes"

"Dans ce cadre là je souhaite qu’on se fixe un objectif avec notre méthode à nous, faire des Alpes Française et de la montagne AURA la première montagne durable d'Europe"


--> "avec notre méthode à nous", est-ce à dire que le mot durable n'a pas la même définition pour tous ?




LE PREMIER VOLET ; "montrer que chez nous en montagne on peut s'orienter vers des stations qui seront 0 émission de C02 --> 10 a 20 millions d'euros"

  • dameuses hydrogène,

  • basculer sur des lampes LED,

  • Installer sur nos enneigeurs des panneaux photovoltaïques qui permettraient ainsi d'avoir des enneigeurs 0 émission de co2 avec 100% d'énergie verte.

Pure opération de "lavage toujours plus vert". Le 0 émission de C02 ne peut pas exister en stations. Afin de rendre la montagne durable, il n'y a que 4 leviers (relus par le Shift Project)






DEUXIEME VOLET, les activités de diversification hiver comme été, nouvelles glisses... travail avec le Cluster Montagne et OSV... --> 15 millions d'euros


--> quels sont les projets retenus très concrètement ?


TROISIEME VOLET "c'est la neige, On ne lâche pas sur le sujet, il faut qu'on continue à rattraper notre retard, on a considérablement progressé ; on avait 40% de nos pistes qui étaient couvertes en enneigeurs là ou l'Autriche, la Suisse et l'Italie étaient à 80%. De mémoire je parle sous le contrôle de Gilles, on devrait avec tous les projets qui ont été légèrement retardés mais c'est en train de sortir, aller vers un taux de couverture qui serait de 70% --> 30 millions d'euros"


S'il s'agit de produire de la neige à tout prix avec des enneigeurs capables de fonctionner à températures plus que positives, il s'agit d'un leurre... --> article neige à tout prix, enneigeurs tout temps, ICI

--> Article les Echos ICI Hugues François, ingénieur à l'Inrae et l'un des auteurs de l'étude de 2018, explique aux « Echos » être perplexe devant ces nouveaux canons à neige : « La question fondamentale reste la disponibilité de la ressource en eau. Dans l'hypothèse de couvrir 45 % des pistes en neige de culture d'ici 2050, l'étude a montré que les besoins en eau augmenteraient de l'ordre de 40 %." --> Nous savons que le plan montagne 2 de la Région AURA présenté le 16 septembre 2021 n'est pas de couvrir 40% des domaines skiables, mais 70%... Répondre aux futurs soucis de la ressource en eau par la construction de retenues collinaires est une aberration écologique. Les retenues collinaires perturbent le cycle de l'eau alors que l'eau est un enjeu majeur pour les années à venir. "Ressource en eau : La production de neige artificielle est fortement consommatrice d’eau, généralement de qualité ” eau potable “. Une proportion importante (30 à 40%) est renvoyée à l’atmosphère par évaporation ou sublimation. Il s’agit donc de gaspiller une eau qui ne s’écoulera pas, ne s’infiltrera pas et ne servira pas pour d’autres usages … Sans parler des inévitables pertes mécaniques : vent, dépôt derrière l’enneigeur, dépôt en dehors de la piste. Les consommations d’eau sont de l’ordre de 4000 m3 à l’hectare pour chaque couche. Il y a généralement plusieurs « couches « de neige passées tout au long de la saison … et 4000 m3/hectare correspond à une consommation d’eau supérieure aux exigences du maïs en été, culture avide d’eau s’il en fût ! Les périodes d’utilisation se répartissent dans le temps suivant les proportions suivantes :

  • 50% de production avant le 20/12

  • 40% entre le 20/12 et le 20/02

  • 10% entre le 20/02 et le 31/03.

En Résumé : "Déséquilibre des masses d’eau par des transferts importants entre sous-bassins dans une situation déjà fragilisée par des sécheresses récurrentes comme le démontrent les arrêtés préfectoraux pris en Isère d’année en année d ‘où une course sans limite pour l’instant à créer des stockages d’eau en capacité suffisant pour couvrir tous les besoins d’alimentation des canons à neige.

  • Prolongation artificielle de la durée d’enneigement et création d’un “permafrost “qui retarde une re-végétalisation des sols et donc d’être pâturés.

  • Réalisation d’ouvrages dans des zones d’écosystèmes fragiles, ZH d’altitude notamment, sans aucune mesure d’évitement et la compensation étant purement théorique.

  • Consommation d’énergie pour l’enneigement dans une période de sobriété énergétique exigée par la loi de la transition énergétique.

  • Investissements des collectivités dans des équipements structurants et lourds à court terme (alors que leur amortissement se compte en décennies) au détriment d’une réorientation de l’activité tenant compte du changement climatique.

  • et, en termes de procédures à forte conséquence au fond, absence d’évaluation des incidences environnementales et d’intégration à l’encadrement “UTN” alors que ces installations ne sont évidemment pas sans effets indirects et cumulés avec la pratique du ski d’une part et qu’elles répondent bien à un objectif de développement économique du tourisme en discontinuité de l’urbanisation d’autre part." source FNE

Nota sur le coût de l'énergie : la facture énergétique sera bientôt insupportable à gérer pour les collectivités, par exemple, ce jour 30 septembre 2021 "le prix marché de l'électricité est actuellement à 85kW/h au lieu de 45kW/h acheté jusqu'à ce jour selon marché passé en 2018" Note sur l'asphyxie des lacs alpins ICI

QUATRIEME PROJET : "former les nouvelles générations --> 6 millions"


--> Comment ? En finançant le transport très bien, mais comment financer les hébergements.

CINQUIEME VOLET ; "accompagnement sur les projets immobiliers et particulièrement sur les centres de loisir et centres de vacances"

Toutes les colonies ou centres de vacances ou presque ont été vendus ou sont toujours en vente. La tension foncière en montagne n'a jamais été si forte. Par exemple les communes de la région parisienne ont vendu toutes leurs colonies, ne pouvant plus les entretenir ou les mettre aux normes. Impossible de tenir cet engagement sans qu'un moratoire sur l'immobilier n'ait pas été mis en place.



SIXIEME VOLET ; "les petites stations. On aime les grosses locomotives puissantes mais on doit garder une vigilance sur nos petites stations, les Bauges, le Vercors , l'Ain. On doit préserver les projets des petites stations"


Exemple : Subventionner une retenue collinaire de 25000 m3 pour 32 canons à neige à 1300 mètres d'altitude dans les Bauges, à la Féclaz, pour de l'activité ski nordique ; Est-ce de cela dont on parle ? Cette création de retenue coïncide également sur l'apparition de développement immobiliers dans cette station jusque là épargnée. A savoir, la création de telles retenues n’est plus opérée à moins de 1 500m d’altitude dans les stations autrichiennes.


SEPTIEME VOLET, les ascenseurs valléens :


> sans moratoire sur l'immobilier cette mesure ne fera qu'augmenter le risque de flambée des prix, comme on peut le voir à Magland suite à l'acceptation du projet Funiflaine. "Il dévaste la zone de Pierre Carrée, dont l’espace nordique est une nécessité pour Flaine et les enfants de Cluses. Un projet immobilier d'envergure est prévu à cet endroit et donc un réseau de neige artificielle sur quasi tout le domaine de Flaine a terme." > Les ascenseurs valléens NE SONT PAS une solution à la mobilité... > Analyse de Eric Adamkiewicz ICI -Ascenseurs valléens : voix de la raison, voies de garage, ou voix impénétrables ? "Il apparait principalement que ces projets, surfant sur des questions environnementales majeures, semblent déconnectés des stratégies ferroviaires locales et nationales qui pourraient justifier de tels projets largement financés par la puissance publique. Ils ne relèvent que de logiques de développement locaux dans lesquelles la construction de nouveaux hébergements touristiques reste une course sans fin"



"Au total 100 millions d'euros, la réalité c'est que c'est beaucoup plus car dans le contrat de plan et de la région on va mettre des projets de montagnes. "


--> 100 millions d'euros sans jamais évoquer les points cruciaux liés à l'immobilier et aux développements immobiliers considérables toujours en cours et en projets, alors que :

  • les stations de montagnes et/ou de ski sont saturées de lits,

  • la construction et les lits froids méritent un véritable moratoire,

  • de véritables leviers existent comme par exemple geler les constructions en montagne et insuffler une réelle politique de rénovation énergétique,

  • l'urgence en station de ski étant de ne plus construire, le modèle et les foncières étant à bout de souffle,

  • le modèle autrichien souvent cité, présente 1 million de lit de moins que le marché français tout en ayant un remplissage plus élevé,

  • la cour des Comptes 2011 pui 2018 publiait un rapport "Les stations de ski des Alpes du nord face au réchauffement climatique : une vulnérabilité croissante, le besoin d’un nouveau modèle de développement - Alors que ce secteur est désormais mature, ce moteur des économies alpines est confronté aux conséquences du réchauffement climatique." --> rapport ICI


Interview de Alain Boulogne, Directeur d’office de tourisme pendant dix-huit ans, Directeur adjoint de la mission d’ingénierie Rhône-Alpes de 2004 à 2009 à la Région, maire des Gets, en Haute-Savoie (de 2001 à 2008), il a gelé la construction de nouveaux lits, afin de freiner « la surenchère ». Aujourd’hui à la tête de l’ONG Cipra (Commission internationale pour la protection des Alpes)*

356 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout