La France est redevenue la 1ère destination mondiale du ski

Et tout le monde devrait se réjouir...
C’est en tout cas le récit que nous sert aujourd’hui DOMAINES SKIABLES DE FRANCE et tout le microcosme de la montagne, même l'Etat.
Dans son bilan de la saison 2025-2026, le lobby DOMAINES SKIABLES DE FRANCE annonce 56,1 millions de journées-skieurs. La France repasse ainsi devant l’Autriche et les États-Unis.
Les lobbies présentent cela comme la preuve de « l’engouement » pour le ski et comme la confirmation de la « qualité des investissements » réalisés par la filière.
Et voilà comment un indicateur commercial devient une victoire nationale.
‼️Sauf que :
Pour maintenir cette fréquentation, les domaines skiables on investi 555 millions d’euros pour des remontées mécaniques, des pistes, des équipements, de la neige artificielle... Il faut sans cesse dépenser plus pour maintenir l'attractivité du produit.
Nous continuons à mesurer la réussite du système à sa capacité à vendre davantage de journées de ski, alors même que les conditions physiques qui permettent ce modèle sont en train de changer. Le problème n’est pas que les gens skient. C’est le modèle "mort" qu’il faut maintenir pour qu’ils puissent continuer à skier.
D'ailleurs, la Cour des comptes est beaucoup moins euphorique. Dans son rapport consacré aux stations de montagne, elle décrit un modèle économique qui « s’essouffle », confronté simultanément au changement climatique, à la fragilisation de l’hébergement et à la nécessité d’investissements toujours plus importants.
+ de montée en gamme
la moitié des 3 millions de lits touristiques sont occupés moins de 3 semaines par an
+ de neige artificielle
+ de dépenses énergétiques
- de disponibilité en eau
+ de clients étrangers
et c'est le pétrole qui fait augmenter les température et qui fait mourir le modèle
-> rien ne va pour l'avenir.
🔄 Et, construire neuf pour remplacer ce qui est vide, voilà l’absurdité. C’est le serpent qui se mord la queue. On construit pour attirer, pour financer les équipements, parce que l’ancien ne se loue plus et parce qu’on a construit davantage, il faut ensuite davantage de clients pour remplir.
Et qui sont ces nouveaux clients qu’il faut aller chercher ? Des clientèles internationales haut-de-gamme. Et plus la clientèle est lointaine, plus la question de son transport devient importante dans son empreinte carbone.
On ne peut donc pas prétendre décarboner la montagne tout en faisant de l’augmentation permanente, de la capacité touristique et de l’attractivité internationale un objectif en soi.
❌ Le vrai défi n’est pas de faire skier toujours plus de monde. Il est de savoir combien de ski la montagne peut réellement supporter demain, à quelle altitude, avec quelle eau, quels logements, quels transports et quel argent public.
Plutôt qu'être numéro 1 du ski nous devrions penser, comment faire pour que nos montagnes restent habitables à l'année.
Merci.




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