JO2030 - UN FIASCOLYMPIQUE
- Valérie
- 6 déc. 2025
- 9 min de lecture

Chronologie des faits
11 juillet 2023 Le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) donne un « avis favorable » pour entamer un dialogue avec le Comité international olympique (CIO) en vue d’organiser les Jeux 2030 dans les Alpes — lancement officiel du processus -> la vérité seule la France est éligible, la Suède ne souhaitant pas signer les garanties d'Etat - qui remboursent les dettes - et la Suisse étant écartée car elle aurait demandé l'avis de la population par votations.
7 novembre 2023 Dépôt officiel du dossier de candidature « Alpes Françaises 2030 » par le CNOSF, les Régions concernées (Auvergne-Rhône-Alpes & Provence-Alpes-Côte d’Azur), et le mouvement sportif.
29 novembre 2023 La commission « futurs hôtes » du CIO recommande d’entrer en « dialogue ciblé » avec la candidature des Alpes françaises — .
Dès fin 2023 — premières réactions d’opposition L’association Résilience Montagne, présidée par Valérie Paumier, réclame un référendum national avant de s’engager plus loin — jugeant que la population n’a pas été consultée. Valérie Paumier affirme : « on devrait parler de montagnes à vivre maintenant, plutôt que de montagnes à skier » : elle considère que le modèle traditionnel du ski massif est dépassé, incompatible avec les enjeux écologiques actuels.
Printemps 2024 Visite officielle dans les Alpes par la commission « futur hôte » du CIO pour évaluer la faisabilité des sites proposés.
24 juillet 2024 La 142ᵉ session du CIO attribue officiellement — « sous conditions » — l’organisation des Jeux 2030 aux Alpes françaises. La condition est d'avoir reçu les garanties financières de l'État avant le 31 décembre. Les garanties d'Etat couvrent financièrement les futurs déficits du CIO.
2 octobre 2024 Le gouvernement français (via le Premier ministre Michel Barnier) donne les garanties financières exigées par le CIO pour lever la condition posée à l’attribution. C'est sa 1ère action politique alors aue le pays traverse une crise politique majeure.
En région Auvergne-Rhône-Alpes, l’opposition politique et associative monte — des voix critiquent le coût, l’impact écologique, le manque de transparence, l’urgence politique et le risque d’un « greenwashing ».
18 février 2025 Lancement officiel du Cojop Alpes françaises 2030 (comité d’organisation) — et nomination de Edgar Grospiron comme président, après le retrait de Martin Fourcade.
Septembre 2025 Le Collectif Citoyen JOP 2030 saisit les tribunaux administratifs (Paris, Lyon, Marseille) pour réclamer un véritable débat public, arguant que les populations concernées n’ont pas été consultées — dénonçant une « aberration environnementale » et un « déni démocratique ».
Novembre 2025 Le comité de la Convention d’Aarhus a déclaré recevables les requêtes déposées ; la France va devoir s’expliquer sur l’absence de débat public sur les Jeux olympiques d’hiver de 2030, après la recevabilité décidée ce mercredi 19 novembre par un organe de contrôle onusien de deux requêtes présentées par un collectif de citoyens, d’élus et d’associations. Il s’agit d’une procédure inédite dans l’histoire olympique, qui examine le niveau de « démocratie environnementale » autour des Jeux.
En cours, Automne 2025
Le projet de loi spécifique pour organiser les Jeux — censé donner un cadre juridique aux chantiers (urbanisme, équipements, sécurité…) — voit son examen parlementaire retardé suite à l’instabilité gouvernementale : ce contretemps fragilise encore davantage la faisabilité du projet.

Cette loi olympique servirait à👇
Contourner les lenteurs administratives classiques des appels d’offres publics
Accélérer les travaux nécessaires à la préparation des Jeux (routes, gares, télécabines, infrastructures sportives)
Garantir que les délais soient tenus malgré des calendriers très serrés,
Coordonner les différents niveaux institutionnels à travers un commissaire extraordinaire disposant de pouvoirs renforcés
Elle peut attribuer des contrats en procédure accélérée, sans passer par toutes les étapes classiques de mise en concurrence.
Elle permet des dérogations au droit👇
elle autorise des dispenses partielles du Code des marchés publics
elle permet des procédures environnementales et de compatibilité paysagère raccourcies ou centralisées
elle autorise moins ou pas de recours possibles pour les associations ou riverains avant exécution des travaux
des simplifications urbanistiques sont permises aussi : possibilité de changer temporairement l’usage du sol pour des besoins liés aux Jeux ou permission de construire de manière prioritaire
Les financements sont accélérés et les flux budgétaires directs : les fonds peuvent être transférés rapidement sans validation parlementaire à chaque étape.
💣 conséquences :
Affaiblissement des contrôles publics : les procédures d’urgence permettent des attributions sans transparence complète, ouvrant la voie à des soupçons de favoritisme ou corruption (ce qui a déjà fait l’objet d’enquêtes)
Risque environnemental accru : les études d’impact et les consultations locales sont parfois réduites, ce qui a mené à des incidents comme le glissement de terrain de Lacedel/Socrepes
Concentration excessive du pouvoir : le commissaire olympique dispose de pouvoirs très étendus, supérieurs à ceux des administrations locales. Cela est perçu comme une mise entre parenthèses du contrôle démocratique
Dérogations jugées abusives : la loi autorise des exceptions à des normes en matière de sécurité au travail, environnement et urbanisme, au nom de «l’urgence olympique».
💥 4 décembre 2025 - REBONDISSEMENT
🙌 " La Savoie suspend jusqu'à nouvel ordre sa participation aux réunions de préparation des Jeux olympiques dans les Alpes ".
🙌 " Le Département refuse notamment d'être une variable d'ajustement budgétaire".
🙌 Le président du Département explique qu' "il est étrange de demander aux départements de prendre des engagements, sans aucune visibilité, sur la maquette financière et les engagements des autres collectivités ".
💥 Ce qui est incroyable c'est que finalement, les institutionnels reprochent aux organisateurs des JO2030 les même griefs que les citoyens et les associations, qui, avec plusieurs procédures en cours, emmènent la France 🇫🇷 devant un organisme onusien à Genève et plusieurs tribunaux administratifs français, pour "absence de participation du public au processus décisionnel, avant la candidature comme depuis l'attribution". Cette nouvelle donne 1000 fois raisons à nous toutes et tous qui expliquons depuis le début, que ce projet est une fourberie monumentale, antidémocratique, climaticide, anti sociale et scandaleuse financièrement. Hervé Gaymard, président du conseil départemental de la Savoie adresse à Edgar Grospiron, président du Comité d’organisation des JO 2030 (COJOP) :
« Nous ne pouvons être considérés comme une variable d’ajustement budgétaire pour le financement d’un projet dont nous ne sommes pas à l’initiative, mais dont nous sommes le compagnon de route », écrit Hervé Gaymard. « Le département de la Savoie n’a pas été consulté sur l’opportunité de cette candidature, ni sur la carte des sites, dont la première mouture officielle n’est pas satisfaisante ».
🔎 Pourquoi cette chronologie pose question — ce qui alimente l’idée d’un « fiasco » dès le départ
Le calendrier a été très serré — la candidature a été déposée fin 2023, et l’attribution a été prononcée dès juillet 2024 : peu de temps pour des études approfondies, des consultations d’habitants, des évaluations d’impact, etc. Cela donne l’impression d’un emballement.
Les promesses initiales de « sobriété », de réemploi d’infrastructures existantes, de développement durable, sont mensongères — en particulier face au contexte climatique et à l’incertitude de l’enneigement. Tous les équipemetns existants ne sont plus aux normes et doivent être réabilités. Les coûts à prévoir sont estimés a plusieurs centaines de millions d'euros. Les alertes dès 2023-2024 montrent que ces doutes n’étaient pas marginaux, mais au cœur du débat.
L’absence de vraie consultation populaire — dénoncée par des citoyens, associations, et figure comme Valérie Paumier — alimente un problème démocratique : un projet de cette ampleur, pour des territoires fragiles, sans débat public véritable, c’est un coup d’accélérateur risqué.
Dès le lancement du comité d’organisation (2025), le calendrier raccourcit : moins de 5 ans pour planifier, valider les sites, sécuriser les financements, gérer les arbitrages territoriaux et logistiques. Dans ce contexte, chaque retard, chaque contestation, chaque incertitude pèse lourd.
Enfin, l’opposition — désormais structurée juridiquement et politiquement — ne cesse de grandir, ce qui rend l’absence d’un consensus large autour du projet inquiétante.
✅ Principales demandes faites à la France
Une consultation publique / participation citoyenne avant d’engager le projet
Le Collectif Citoyen JOP 2030, avec d’autres associations (France Nature Environnement AURA, Mountain Wilderness, Ligue des Droits de l’Homme, Résilience Montagne etc.), exige un vrai débat public sur l’opportunité d’organiser les JO, leurs effets sur l’environnement, l’économie, le territoire, etc.
Elles dénoncent un « déni démocratique », car elles jugent que la population concernée n’a jamais été consultée dans le processus (candidature, attribution, préparation).
Transparence : accès à l’information environnementale & financière
La demande d’accès à des données claires et publiques : sur les impacts environnementaux (émissions de CO₂, consommation d’eau, artificialisation des sols…), sur le budget total, sur les engagements des collectivités. Notamment la divulgation des notes de l'Inspection Générale des Finances qui mettent en avant un déficit de quasi 1 milliard d'euros.
En lien avec la précédente : que toute décision engageant le territoire — notamment la signature du “contrat hôte olympique” — ne soit pas prise avant que ces informations aient été portées à la connaissance du public et des citoyens.
Suspension — ou au moins ralentissement — du projet tant que ces conditions ne sont pas remplies
Le Collectif JOP 2030 demande la suspension de la signature du contrat hôte olympique, des décisions financières et du vote du projet de loi “JO 2030” tant qu’il n’y a pas de débat public et de consultation.
Dans le même esprit, ils réclament un gel des engagements financiers et administratifs jusqu’à ce que la population soit consultée.
Le projet ne peut pas suivre d'engagements « durables » —
Dans le contexte actuel de crise climatique il est mensonger d'affirmer le contraire avec un modèle “ski + tourisme intensif” comme celui des Alpes aujourd’hui.
Obligation de rendre des comptes — sur le fond et conformément au droit international
Le recours déposé auprès du comité de la Convention d’Aarhus (ONU) réclame que la France réponde formellement de son respect (ou non) des obligations de transparence, d’information, de participation du public et d’accès à la justice en matière d’environnement.
Si la France est jugée en manquement, des recommandations ou des injonctions pourraient être formulées pour revoir le projet ou imposer des garanties supplémentaires.
💶 Problèmes financiers & incertitudes budgétaires
Le coût total — initialement estimé autour de 1,5 à 1,9 milliard d’euros — semble largement sous-évalué, et certains estiment un coût réel bien plus élevé. -> L’Inspection générale des finances (IGF) estime d’ores et déjà que les JO 2030 coûteront en réalité près de 2,4 milliards d’euros, dont 900 millions d’euros financés par l’État. En effet, selon trois rapports confidentiels de l’IGF, repris par plusieurs médias, le seul budget du Comité d’organisation des jeux olympiques et paralympiques (COJOP) Alpes 2030 s’annonce lourdement déficitaire. Son résultat prévisionnel présente un déséquilibre évalué entre 850 et 900 millions d’euros, à couvrir par les collectivités publiques. Concrètement, le déficit sera payé par les contribuables.
Le projet repose en grande partie sur des fonds publics, dans un contexte où les services publics sont déjà sous tension.
Plusieurs élus et parties concernées doutent de la capacité des collectivités locales à assumer leur part en cas de dépassement des coûts.
En bref : le risque est que le projet soit un gouffre financier pour l’État et les collectivités ; il n'existe aucune garantie réelle d’un retour sur investissement pour les populations locales.
La contestation est croissante L’association Résilience Montagne et d’autres groupes alertent sur le réchauffement climatique, l’incertitude de l’enneigement, l’empreinte écologique et la fragilité sociale du modèle ski + tourisme intensif. Valérie Paumier dénonce le risque d’“illusion neigeuse” : « personne ne sait dire s’il y aura de la neige » en 2030, et il faudra « faire croire que les Alpes sont enneigées » Le modèle économique et social local — basé sur le ski — est jugé obsolète et inadapté par plusieurs experts et acteurs de la montagne. Organiser un événement hivernal en mondovision laissant supposer que le ski, le tourisme d'hiver et les JO d'hiver peuvent être durables est un mensonge d'Etat.
En bref :
L’organisation des JOP2030 confirme la poursuite d’une stratégie obsolète et dépassée : le « tout ski » et donc l'aménagement de la montagne de manière outrancière. Les coûts que cette stratégie d'enfermement dans un modèle engendrent et continueront d’engendrer manqueront cruellement au financement de la « transition écologique".
Dans un tel contexte et face à de telles évolutions, renforcer la stratégie du « tout ski » prépare également un très sérieux « retour de bâton » sur le terrain social.
La décision de candidater à l’organisation des JOP d’hiver de 2030 a été préparée et prise en petit comité. Ce projet est à rebours de notre démocratie.
Le réchauffement climatique est une réalité incontournable ignorée par les JOP 2030.
On pourrait multiplier les études, ainsi que les témoignages, en résumé, la baisse du niveau et de la durée d’enneigement va se poursuivre et met déjà en danger environnementalement, socialement et économiquement non seulement les stations de basse et de moyenne altitude mais produira aussi progressivement ses effets chez celles de plus haute altitude.
En effet, si les grandes stations de haute altitude peuvent espérer tirer leur épingle du jeu pendant quelques années, elles ont cependant tout à craindre du réchauffement - par exemple, plus de 700 canons à neige sont nécessaires à Val d'Isère (village situé à 1850 mètres d'altitude avec une altitude maximale de 3 456 mètres et un dénivelé de 1 606 mètres) pour assurer sa saison hivernale -. Pour ces stations, si l’échéance est retardée par rapport aux autres, la tendance globale ne l’est cependant pas.
Que faire ?
Selon Résilience Montagne, tous les éléments montrent qu’il ne faut pas organiser ces Jeux. La véritable priorité devrait être d’engager une transformation des stations pour les adapter au changement climatique et garantir des conditions de vie durables pour les populations locales. Pourtant, l’absence d’une réelle stratégie de diversification autre que le « tout ski » empêche de créer les conditions nécessaires à cette transition. Pire encore, les choix politiques et les financements publics actuels continuent d’alimenter un modèle dépassé, bloquant toute vision d’avenir. Ils poussent les stations et les collectivités à s’endetter pour rester dans une compétition de surenchère, excluant de fait les territoires incapables de suivre et fragilisant leurs habitantes et habitants. Pour agir, nous devons changer les gouvernances politiques en place - municipales, départementales, régionales et d'Etat - parce qu'elles favorisent les gouvernances économiques qui prônent un modèle du passé. #municipales2026
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Bonjour,
Je me demande quelle est précisément votre vision de la montagne sans le ski. Êtes-vous pour la réservation des sites ou pour la création de villes à la montagne ? Je pose cette question car je suis inquiète pour l’avenir des pistes qui en Haite-Savoie en tout cas pourraient vite devenir le nouvel Eldorado des citoyens en mal de fraîcheur et d’air pur… toutes ces personnes qui aiment la nature et qui travaillent dans la vallée multipliant les aller-retour et construisant à tout va…